C’est la deuxième fois que je me rends à Milan pour assister à un concert d’Oasis. Il y a 4 ans, en 2005, le groupe s’était produit au printemps dans une petite salle, l’Alcatraz, superbe scène de dimension modeste pour les Gallagher qui avaient vu un public bouillant et fier d’assister alors à la première date du groupe hors Royaume-Uni dans leur ville italienne. En ce premier lundi du mois de février 2009, les conditions sont différents : il fait froid, le groupe rentre d’une tournée américaine et la salle est le plus grand in-door en Italie – pas moins de 15'000 personnes sont présentes. La faune comprend des jeunes fans qui semblent être là pour leur premier concert d’Oasis, d’autres qui ont sûrement déjà vu le groupe à plusieurs reprises, puis des curieux, très peu de plus âgés, bref, la moyenne d’âge doit se tenir dans la vingtaine (du moins dans la fosse).
Arrivé quelques minutes avant la première partie, j’ai le malheur d’assister à un des plus mauvais concerts jamais vu d’un groupe de pop rock. Les Twisted Things (ou quelque chose du genre) ne jouent heureusement pas longtemps, juste le temps de repasser au bar et de faire une nouvelle fois la queue pour les toilettes mixtes. Il est 21h tapantes quand les lumières s’éteignent et juste le temps de voir que plus aucune place n’est libre dans la salle,
Fuckin in the bushes résonnent et c’est partis pour plus d’une heure et quart de concert. L’arrivée sur scène des lads, nonchalants comme à leur habitude et levant le poing au ciel, fait encore son effet. La première partie du set est alors dantesque et mieux vaut avoir les coudes solides pour garder sa place :
Rock’n’Roll Star, Lyla, The Shock Of The Lightning, Cigarettes & Alcohol et
The Meaning Of Soul renversent littéralement le public, lui offrant une ouverture de concert énorme, digne de la meilleure période live du groupe (à l’aube de la sortie de "Morning Glory" dira-t-on).
To Be Where There’s Life permet de reprendre son souffle prouvant que parfois ce n’est pas si mal d’inclure une petite merde indolore dans un set... Liam s’éclipse de la scène pour laisser place aux compositions 100% noelienne :
Waiting For The Rapture sera peut-être un des meilleurs moments du concert suivie de
The Masterplan qui redonne aux fans une nostalgie perdue d’un hymne caché des années 90. Le public chante tout, reprend en cœur les refrains et lèvent le bras sur les paroles cultes du groupe (
Sing it loud and sing it proud today…). Le Kid revient sur
Songbird. Sept ans après sa composition, la version live prouve bien qu’il s’agit d’un hymne du groupe, indéniablement. Avant d’attaquer la seconde partie du concert qui voit le groupe se mettre en mode « rafale de tubes »,
Slide Away et
Morning Glory se succèdent dans ce qui sera les derniers grands moments du concert. La voix de Liam tient la route (encore faudrait-il réécouter le bootleg), Gem lâche son bras à la Townshend, le batteur assure (presque) aussi bien que Zak et Andy, à son habitude, reste de marbre. Noel est discret mais montre un certain plaisir d’être là : « You’re the best crowd I’ve never seen » lance-t-il pour s’octroyer la majorité des voix. Liam lui laissera « scène libre » après son
Ain’t Got Nothin’ envoyé à la va-vite. Vient alors l’enchaînement de singles avec
The Importance Of Being Idle (superbe et suivie de "Noel! Noel! Noel!"),
I’m Outta Time (réussie et suivie de "Liam! Liam! Liam!"),
Wonderwall (le cadeau aux profiteurs),
Supersonic (j’y reviens) et
Don’t Look Back In Anger (pour les amoureux).
Supersonic retiendra mon attention pour son tempo lent, proche de la version studio, propre et sans rallonge. Noel dédie
Don’t Look Back In Anger au joueur de football du Milan AC Kaka (ce dernier n’a pas rejoint le club Man City supporté par les Gallagher durant les transferts de janvier). DLBIA est d’ailleurs joué uniquement par Noel à la guitare acoustique, Gem à l’électrique et le batteur au tambourin. Epuré, dévoilant une autre face de la chanson, mais franchement pas inoubliable. L’inoubliable est peut-être à venir…
Falling Down, single sorti le jour J du concert, est superbe, emportant le public dans le dying dream de Noel. Le groupe sort de scène et revient pour deux titres,
Champagne Supernova et le bien joué mais poussif
I Am The Walrus des Fab Fours. Si le premier titre est certes acceptable (une bonne chanson est souvent un bon moment en live), la reprise laisse doucement sourire. Pourquoi rejouer une chanson qui appartient à une époque du groupe ? Et c’est là le grand point faible du concert : le manque de surprise (même si on sait que Oasis n'est pas un groupe à cadeaux) de la setlist.
La première partie est très proche de la tournée 2005, et la seconde ne dévoile rien du groupe. Qu’on s’attende à chacune des chansons de la setlist est un fait, mais faudrait-il au moins choisir les bonnes. Car ne pas inclure certaines des meilleures chansons (
Bag It Up, The Turning) de leur dernier opus est une grande déception. Mais le groupe, si il m’avait pas mal déçu il y a 3 ans à Winterthur, réussit tout de même à frapper, à garder cette aura sur scène, et à faire chanter plus de 15'000 personnes en Italie. Et ça c'est fort, et de bons souvenirs en tête.
A voir :
la nouvelle vidéo Falling Down :
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=51663841et
http://stopcryingyourheartoutnews.blogspot.com/ pour des vidéos de Milan.


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